
La bataille fait rage sur la toile entre pro et anti Curating.
A ma gauche, le procureur Fred Cavazza, bloggeur français influent. Pour lui "le principe de curation en vogue en ce moment est un vol de contenu".
A ma droite, l’avocat de la défense, Guillaume Decugis CEO de Scoop.it et donc évidement favorable au curating.
Fred Cavazza n’est pas seul dans sa « bataille » puisque pour Frédéric Martinet, bloggeur également, est de son coté plus direct : "la curation, c'est de la merde". « Il s’agit ni plus ni moins que prendre du contenu ici et le déplacer là ». Fred Cavazza, plus prosaïque, rappelle que le fait de "collecter toutes les sources, les nettoyer et sélectionner ce qui est utile", cela existe depuis toujours et ça s’appelle les documentalistes. « La curation n'est que de la veille gratuite et cela débouche au mieux sur une prestation de veille payante. » conclut –il dans son interview pour Darkplanneur.
Selon Guillaume Decugis, l'objectif de la curation est bien "content-friendly":il s'agit de mettre en relation les contenus avec leur audience. Toujours selon lui, le faux procès qui est fait au curating pourrait être dû à la peur française de la nouveauté, une appréhension du moindre changement. Une forme d’immobilisme en somme. «La curation signifie la réappropriation et la démocratisation du web» selon Dominique Cardon, chercheur à l'EHESS au Centre d'Etudes des Mouvements Sociaux. Puis il précise « On entre dans une ère où on publie d'abord le contenu avant de le filtrer.»
Fred Cavazza, bloggeur et donc créateur de contenu met en avant le fait que le curating n’apporterait « pas de valeur ajoutée » mais s’apparenterait plus à un « vol de contenu ». Encore un faux procès pour Decugis qui rappelle que Scoop.it oblige à citer les sources ou à pointer vers le contenu d'origine. Quand à la notion de valeur ajoutée, « la juxtaposition de contenus et leur hiérarchisation sont déjà un premier niveau de valeur ajoutée ». Et bien sûr les curateurs apportent également leur avis, donnent leur opinion, bref leur subjectivité, apportant ainsi leur pierre à l’édifice de la valeur ajoutée.
Benoît Raphaël, co-fondateur du Post.fr interrogé par 20minutes : «Depuis des années il y a des outils pour faire le tri sur internet, avec Digg et Delicious». Le terme de curation vient donc seulement préciser, démocratiser une tendance naturelle du web permise par les outils existants et accessibles à tous, plus seulement aux medias et aux producteurs traditionnels de contenu.
Et comme il est dit très justement dans l’article de Geek & Girls : « du moment où on a trouvé un mot pour désigner le truc, on risque la professionnalisation. Bientôt, je vous parie le bras de ma mère qu’on aura des stages de curation et des offres d’emploi de curateurs.»
Marvin LARADE










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