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Données personnelles : distinguer expression irresponsable et collectes illégales

Publié par Aurélie Daniel le

Alors que la Tribune nous annonce que "Google veut regagner la confiance des internautes sur les données personnelles" en transmettant aux autorités judiciaires ("CNIL" françaises, allemandes et espagnoles) les données personnelles collectées sur les bornes wi-fi, en toute illégalité, dans le cadre de Street View (au prétexte que cela serait venu de l'initiative de l'un de ses ingénieurs, qui fait l'objet d'une enquête interne), on apprend également que Facebook a remodelé sa page d'explications sur la protection des données personnelles, en y intégrant entre autres un guide pratique.

De son côté, le magazine "Les Inrocks" demande à ses lecteurs si Diaspora, réseau plaçant au coeur de ses préoccupations la faculté pour chaque internaute de conserver ses droits sur ses données, vaincra ou non Facebook. Via un cryptage ad hoc, transparence, simplicité et sécurité seraient/seront (car le site n'existe pas encore) les clés du succès de Diaspora. D'autres organisations s'intéressent aussi à ce marché de l'alternative facebookienne... sans croire pour autant à la disparition du réseau de Zuckerberg.

Je m'amuse enfin de découvrir cet article, sur un blog du Monde (BugBrother), intitulé "le problème, c'est la vie publique, pas la vie privée". Quid du droit à l'oubli lorsque chaque publication (intentionnelle, volontaire) sur Facebook et autres vise à être entendu, non oublié ?

"Nos démocraties n’ont pas attendu l’internet pour consacrer la liberté d’expression. La différence, avec le Net, c’est que la liberté d’expression n’y relève pas tant de la possibilité de s’exprimer que de celle de pouvoir enfin être entendu : la liberté d’expression n’est plus quelque chose de virtuel, réservée aux seules personnes ayant accès aux médias de masse. Or, si l’on apprend bien aux enfants à parler, on leur apprend moins à s’exprimer, et encore moins à être entendus. "

Avant d'accuser Facebook ou l'Internet dans son ensemble de mépriser un "droit à l'oubli" et indépendamment des données collectées contre notre gré, ne pourrait-on pas se concentrer sur le devoir de s'exprimer de manière responsable ?

Sources : La Tribune, Jean-Baptiste Jacquin, 5 juin 2010 + Silicon.fr, Nous nous sommes plantés, interview d'Eric Schmidt, 4 juin 2010 + ITespresso.fr, 4 juin 2010
BugBrother, Le problème, c'est la vie publique, pas la vie privée, 4 juin 2010