
Le Monde du 7 juin 2010 a relayé l'information : après l'Allemagne, l'Australie ouvre une enquête sur Google Street View.
"Le moteur de recherche a reconnu avoir recueilli "par erreur" des données transitant sur des réseaux Wi-Fi non protégés, lors du passage de ses voitures photographiant les rues."
Le droit australien, comme la plupart des droits européens, prohibe l'accès non autorisé aux données personnelles, qu'elles soient protégées ou non.
Toutefois, la particularité de cette affaire réside dans le conflit entre le ministre des télécommunications australien Stephen Conroy et le moteur de recherche Google :
- le premier souhaite mettre en place un système de filtrage du web (contre la pédopornographie, l'apologie de l'anorexie, etc.) et notamment de blocage de vidéos diverses sur Youtube classifiées "RC" (refused classification), avec les risques pour la liberté d'expression qu'un tel projet comporte
- le second fait déjà l'objet d'enquêtes dans différents pays pour les données collectées illégalement dans le cadre du service de cartographie Street View, ce que ne manque pas de rappeler le gouvernement australien.
Il est regrettable, à notre sens, que les termes de ces deux débats ne se trouvent pas abordés au cours de discussions clairement distinctes.
A défaut, Google dispose ici d'une stratégie de victimisation dommageable compte tenu de la gravité des accusations portées contre cette entreprise, arguant d'une politique de vengeance de la part de l'exécutif australien.
De son côté, le gouvernement australien bénéficiera d'une force de frappe non négligeable (même provisoire) pour mettre en oeuvre sa volonté de "filtrage du Web" lorsque Google se sera vu condamné dans l'affaire Street View.
Aucune de ces issues ne semble souhaitable.
On dit qu'il n'y a pas de problème sans solution, seulement des problèmes mal posés....
Source : Le Monde.fr avec AFP, 7 juin 2010, "L'Australie ouvre une enquête sur Google Street View"









