
En dépit (ou en conséquence?) d'un titre en forte baisse (plus de 5% de chute à Wall Street vendredi dernier), Google semble avoir décidé d'accélérer sa stratégie d'extension de ses activités à l'ensemble des domaines de notre navigation sur Internet... voire au-delà.
Certes, le moteur de recherches ne se contente plus depuis quelques années d'être le leader dans ce secteur.
D'abord, non content de numériser des bibliothèques nationales, Google s'est donné pour mission de traduire Wikipédia. On se souvient du lancement de Knol, en 2008, encyclopédie sensée concurrencer Wikipédia en rémunérant ses contributeurs, ainsi que du don à la fondation Wikimédia début 2010.
Pourquoi créer un concurrent (Knol) d'une formule qui fonctionne lorsque l'on peut investir ce concurrent en proposant de traduire en langues indiennes (surtout l'hindi), africaines et arabes, dans lesquelles les contributeurs sont proportionnellement moins nombreux, les articles disponibles sur Wikipédia?
En particulier, pourquoi se priver de cette "contribution" lorsque d'énormes bases de données permettent de sélectionner les articles Wikipédia les plus durablement populaires et ayant le plus de visites, et lorsque Google Translation peut être utilisé pour établir une base via le service Translator Toolkit?
Il restait seulement à coordonner des volontaires pour achever les traductions concernées, aboutissant par exemple à une augmentation de la taille de la section hindi de l'encyclopédie en ligne d'environ 20%.
Déclaration de Google? « Nous pensons que la traduction est la clé de notre mission pour rendre l'information utile à tous » (sic).
Ensuite, Google permet désormais à n'importe quel internaute de développer sa propre application pour Android Market (Android, schématiquement, étant un système d'exploitation pour mobiles), via un outil baptisé App Inventor.
Les mobiles sous Android souffrant du manque d'applications disponibles par rapport au concurrent Apple Store (schématiquement, pour iPod, iPhone et iPad), l'idée de faciliter la programmation d'une application pour Android et de les déléguer aux utilisateurs potentiels, par des explications claires étape par étape, remédiera probablement à cette lacune.
Enfin, on s'étonnera peu du développement par Google d'un nouveau format publicitaire interactif, sortes de vidéos interactives formant constituant un mini-site Internet promotionnel. L'internaute y sera susceptible de laisser un commentaire (champ texte à un endroit prédéfini ou à un moment précis du clip en cours de lecture, ou lien vers une autre vidéo, ou encore génération de pauses automatiques...) et de voir le site se mettre à jour en temps réel.
Prétendre donner le contrôle à l'internaute sur ses connaissances (en lui traduisant une encyclopédie mondiale), sur ses applications mobiles (en lui permettant de les programmer) et sur ses publicités (en favorisant leur interactivité), voici une plaidoirie séduisante.
On en oublierait presque l'origine des revenus considérables du géant de la recherche web.
Sources : Google : en forte baisse! , Boursier.com, 16 juillet 2010 + Google traduit wikipédia dans les langues manquant d'articles, PCInpact, Jeff, 16 juillet 2010 + Google : tout le monde peut créer son application Android, Nicolas Aguila, infos-du-net.com, 13 juillet 2010 + Google développe un nouveau format publicitaire interactif, Guillaume Belfiore, 12 juillet 2010









