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Soutien "à l'ouverture" et à l'interopérabilité, une précision de vocable de taille pour l'Agenda Numérique

Publié par Aurélie Daniel le

Une polémique était née il y a quelques semaines quant à l'utilisation de l'adjectif "ouvert" pour préciser la notion de "standard" dans la version finale de l'Agenda de la Politique Numérique.
"L'ouverture" a toutefois fait son retour lors du discours de Neelie Kroes, prononcé le 10 juin dernier au Sommet Open Forum Europe 2010 à Bruxelles (Neelie Kroes Address at Open Forum Europe 2010 Summit: 'Openness at the heart of the EU Digital Agenda' Brussels, 10th June 2010).

Il s'agit ainsi de confirmer la position de la commissaire européenne en charge de la société numérique, favorable à l'interopérabilité et aux standards ouverts, même si ce dernier terme a disparu du texte final.

Le discours en cause rappelle les raisons de cette orientation politique. Sans surprise, soutenir les standards ouverts favorise indirectement la concurrence, dans la mesure où ils sont un moyen particulièrement efficace d'assurer l'interopérabilité, et par conséquent d'éviter que les entreprises et consommateurs soient captifs d'un fournisseur donné.

Le choix du standard le plus ouvert parmi plusieurs standards existants serait, stratégiquement une bonne décision de la part des entreprises, selon Neelie Kroes.

PcInpact.com synthétise les cinq actions principales présentées par cette dernière pour mettre en oeuvre cette orientation générale.

"1/ Réformer la gestion des standards des TIC (Technologies de l'Information et de la Communication) en Europe : une réforme des processus de standardisation européens doit permettre d'accélérer leur création, et d'impliquer les entreprises des TIC dans leur élaboration
2/ Révéler de façon transparente les coûts des propriétés intellectuelles qui veulent être intégrés dans les standards, pour que l'on sache dès l'origine combien la mise en place d'un standard l'utilisant coûterait aux entreprises. Dès lors c'est elles-mêmes qui pousseront pour que les standards soient le plus libres possible
3/ Créer des guides pour les acheteurs de logiciels de TIC leur expliquant les standards utiles à leur choix et les conséquences de leur achat : par exemple si de tels guides existaient il y a 15 ans, les pouvoir public ne se seraient peut-être pas enfermés dans des solutions propriétaires et non interopérables. Aujourd'hui ce choix coûte de l'argent aux états (les fonctionnaires veulent rester sous leur OS payant parce qu'ils en ont l'habitude) et aux particuliers (quand une école utilise un traitement de texte au format propriétaire, elle oblige les élèves et leurs parents à acheter ce même logiciel)
4/ Mettre à jour la Structure d'Interopérabilité Européenne, pour faciliter les coopérations entre gouvernements, en particulier dans les solutions d'e-gouvernement
5/ Obliger les plus grosses entreprises du secteur à favoriser l'interopérabilité de leurs produits, avec l'aide des autres commissaires européens"

Sources : Neelie Kroes s'engage pour des standards ouverts, pc.inpact.com, Jeff, 14 juin 2010

Voir aussi : Les opérateurs alternatifs veulent la fin du cavalier seul de la part de Google et de Skype, datanews, Luc Blyaert, 2 juin 2010 : l'association européenne des opérateurs alternatifs (ECTA : European Competitive Telecommunications Association) va organiser un débat sur la neutralité du net avant la fin de l'année, ce qui est étonnant dans la mesure où c'est la première fois que cette association épouse le point de vue des opérateurs télécoms historiques dominants.
L'ECTA conteste notamment le fait que des opérateurs tels que Google et Ebay Skype soient autorisés à proposer gratuitement leurs services via le haut débit, et souhaite la création urgente d'un environnement régulateur pour le financement du haut débit, de manière concurrentielle.